Je ne crois pas que les artistes manquent de talent. Je crois qu’ils souffrent d’un autre mal, beaucoup plus discret.
Le flou autour de ton identité. Le flou dans les mots que tu utilises pour parler de ton travail. Le flou qui te pousse à te minimiser, à douter de ta place, ou à croire que tu dois devenir quelqu’un d’autre pour être enfin visible.
Ce flou n’est pas un défaut de personnalité. Il vient de trois endroits très précis : tu as appris à créer, jamais à te nommer. Ton travail a évolué plus vite que ton discours. Et personne ne t’a jamais renvoyé une image nette de ce que tu portes.
Alors tu improvises. Tu empruntes les mots des autres. Et à force, tu finis par ne plus te reconnaître dans ce que tu montres.